Matières durables
Un vêtement, c’est d’abord une fibre. C’est à ce stade que se jouent l’essentiel de son impact environnemental, sa tenue dans le temps et son contact avec la peau. Voici les quatre matières que nous utilisons, celles que nous refusons, et les critères qui décident.
Quatre conditions, sans exception
Une matière n’entre pas en collection parce qu’elle est à la mode ou parce qu’elle coûte moins cher. Elle doit remplir les quatre conditions ci-contre, vérifiées document à l’appui avant chaque commande. Si l’une manque, la pièce n’est pas produite — même si le prototype est validé.
Cette règle nous a déjà coûté des pièces : une veste matelassée a été abandonnée en 2025 faute de rembourrage certifié disponible en Europe.
- Une certification indépendante en cours de validité, dont le numéro est enregistré et vérifiable.
- Une filature ou une tannerie identifiée par son nom et son pays, jamais un simple intermédiaire.
- Une résistance au lavage testée sur trente cycles avant validation de la commande.
- Un approvisionnement européen ou méditerranéen, pour limiter le transport et permettre l’audit sur site.
Les quatre matières de nos collections
Quatre fibres seulement. Une gamme volontairement restreinte permet de connaître chaque fournisseur, de négocier des volumes réguliers et de contrôler réellement ce que nous vendons.
Coton biologique GOTS
62 % DE NOS PIÈCES · FILATURE EN TURQUIE ÉGÉENNE · CERTIFICAT GOTS
C’est notre matière principale : t-shirts, sweats, pantalons, gamme enfant. Cultivé sans pesticides ni engrais de synthèse, à partir de semences non génétiquement modifiées. La certification GOTS ne s’arrête pas au champ : elle encadre aussi la filature, la teinture et les conditions de travail sur toute la chaîne.
Ce qu’il faut savoir : le coton biologique reste une culture qui consomme de l’eau. Il en consomme moins que le coton conventionnel et surtout il n’en contamine pas les nappes avec des intrants chimiques. Ce n’est pas une fibre sans impact, c’est une fibre à impact maîtrisé.
Lin européen
18 % DE NOS PIÈCES · NORMANDIE ET FLANDRE · CERTIFICAT GOTS
Robes, chemises, pièces d’été. Le lin est cultivé à quelques centaines de kilomètres de nos ateliers, sur un axe qui produit l’essentiel du lin mondial. Il pousse sans irrigation artificielle sous nos climats et demande très peu d’intrants.
Ce qu’il faut savoir : le lin se froisse, et c’est normal. Nous ne le traitons pas avec des résines anti-froissage, qui relâchent du formaldéhyde et rigidifient la fibre. Un lin qui ne se froisse jamais est un lin qui a été chimiquement modifié.
Laine responsable
13 % DE NOS PIÈCES · ESPAGNE ET ITALIE · OEKO-TEX STANDARD 100
Pulls, manteaux, mailles d’hiver. Nous travaillons exclusivement avec des élevages européens engagés à ne pratiquer aucun mulesing, l’ablation de peau pratiquée sur les moutons dans certaines filières. L’engagement est contractuel et vérifié lors de l’audit annuel du fournisseur.
Ce qu’il faut savoir : une laine bien entretenue se porte quinze ans. Elle se lave rarement, s’aère souvent et se reprise facilement — c’est probablement la fibre au meilleur rapport impact / durée de vie de notre gamme.
Coton recyclé
7 % DE NOS PIÈCES · PORTUGAL · CHUTES DE PRODUCTION
Accessoires, doublures, tote bags. La fibre provient des chutes de coupe de nos propres ateliers portugais, récupérées, effilochées et refilées sur place. Un déchet de production redevient une matière, sans nouvelle culture ni nouveau transport.
Ce qu’il faut savoir : le recyclage mécanique raccourcit les fibres. Le coton recyclé est donc mélangé à 20 % minimum de coton biologique vierge pour garantir la solidité — la composition exacte est indiquée sur chaque fiche produit.
Les matières que nous refusons
Une liste d’exclusion est plus engageante qu’une liste d’intentions : elle est vérifiable sur n’importe quelle étiquette de notre collection.
Polyester vierge
Fibre issue du pétrole, qui relâche des microplastiques à chaque lavage et ne se dégrade pas. Aucune pièce de notre collection n’en contient.
Viscose non traçable
La viscose peut être issue de forêts primaires abattues. Sans certificat d’origine du bois, nous ne l’utilisons pas — même quand le tomber du tissu est parfait.
Coton conventionnel
Culture parmi les plus consommatrices de pesticides au monde, avec des conséquences directes sur la santé des cultivateurs et sur les nappes phréatiques.
Angora et fourrure
Les conditions de prélèvement ne peuvent pas être garanties de manière fiable à l’échelle industrielle. Nous nous en passons, sans exception saisonnière.
Traitements anti-froissage et déperlants
Ces finitions reposent sur des composés per- et polyfluorés ou libèrent du formaldéhyde. Nous préférons un lin qui se froisse et un coton qui vit.
Cuirs exotiques
Aucun cuir de reptile ni de poisson dans nos accessoires. Nos petites maroquineries utilisent un cuir de tannage végétal, sous-produit de la filière alimentaire européenne.
Teintures, fils et boutons
Une marque peut afficher un coton biologique irréprochable et le teindre avec des colorants azoïques dans un bain non traité. La fibre n’est qu’une partie du problème.
Nos tissus sont teints dans des ateliers couverts par la certification GOTS, qui impose le traitement des eaux usées et interdit les métaux lourds. Les composants secondaires — fils à coudre, boutons, fermetures, étiquettes — sont couverts par Oeko-Tex Standard 100, une certification qui teste pièce par pièce et non le vêtement dans son ensemble.
Notre limite actuelle : nous connaîssons le nom de nos teinturiers, mais nous ne remontons pas encore jusqu’à l’origine des pigments eux-mêmes. C’est le chantier de traçabilité ouvert pour 2027.
« Un vêtement, ce n’est pas une matière. C’est une matière, un fil, une teinture, un bouton et une main. Il suffit d’un maillon pour que la promesse tombe. »
Marie Dubois, fondatrice d’Etikashion
Faire durer la matière
L’essentiel de l’impact d’un vêtement se joue après l’achat, dans la machine à laver. Quatre gestes qui changent la donne.
Laver à 30°C
Un cycle à froid consomme nettement moins d’énergie, préserve les couleurs et limite la casse des fibres.
Sécher à l’air libre
Le sèche-linge est le premier destructeur de vêtements. Il arrache les fibres et déforme les mailles.
Laver moins souvent
La laine et le lin s’aèrent plutôt qu’ils ne se lavent. Une nuit à la fenêtre remplace souvent un cycle complet.
Réparer plutôt que remplacer
Couture, bouton, fermeture : la réparation est gratuite pendant deux ans, en boutique ou par envoi postal.
Chaque fiche produit dit tout
Composition exacte en pourcentage de fibres, numéro de certificat, pays et atelier de fabrication, guide d’entretien et de réparation : ces informations figurent sur chacune de nos fiches produit, conformément à la loi AGEC.
Pour aller plus loin : notre système de traçabilité, nos artisans partenaires et notre démarche éthique.
